Le débourrement de la vigne

Après avoir “dormi” tout l’hiver, la vigne se réveille au printemps, on appelle cette étape le débourrement de la vigne. C’est-à-dire le début du cycle végétatif : les bourgeons s’ouvrent et les rameaux sortent timidement leurs pointes vertes.

Le débourrement ou la fin de l’hibernation

L’année d’un pied de vigne se divise en deux cycles : le cycle hivernal, de novembre à février, durant lequel la vigne se repose : elle est en dormance et ne produit rien. Et le cycle végétatif, de mars à octobre, durant lequel la vigne pousse, développe son feuillage et surtout produit du raisin ! Les viticulteurs travaillent donc la culture de la vigne toute l’année afin que chaque plant de vigne soit dans les meilleures conditions possibles pour produire du raisin.

Le débourrement, qui a généralement lieu au mois de mars, est la première étape majeure du cycle végétatif. Il s’agit du moment clé où les bourgeons des ceps de vigne vont s’ouvrir, laissant ainsi apparaître leur bourre, c’est-à-dire le petit duvet qui deviendra ensuite les feuilles de la vigne.

Pour que le débourrement de la vigne puisse commencer, il faut que deux conditions soient réunies. Il faut d’une part une température stable et suffisamment élevée. D’autre part, il faut un certain niveau de lumière quotidienne qui laisse espérer suffisamment de photosynthèse pour les pieds de vigne.

Une fois ces conditions réunies, les pieds vigne vont sortir de leur hibernation et recommencer à absorber de l’eau grâce à leurs les racines. Ce procédé va alors relancer la circulation de la sève qui va parvenir jusqu’aux bourgeons et les faire éclore ! 

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L’importance du débourrement

Si le débourrement est si important, c’est parce que la durée sur laquelle il se déroule a un impact important sur les raisins qui seront vendangés plus tard dans la saison. Si le débourrement est long, cela signifie que les différents bourgeons auront éclos à des moments différents, et donc que les grappes se formeront en décalé.

C’est alors que les niveaux de maturité des raisins au sein d’une même vigne risquent d’être disparates au moment de la vendange. C’est un réel problème pour le vigneron, car la récolte peut-être plus faible, mais également car cela peu provoquer une acidité si certaines petites grappes sont récoltées en même temps que celles considérées comme mature.

Au contraire, si le débourrement est court, les raisins seront synchronisés et le vigneron pourra tout vendanger à un niveau optimal de maturité pour obtenir des belles grappes et espérer de grands vins ! Cette étape du débourrement est donc particulièrement percutante quant à l’importance de comprendre les millésimes !

Le débourrement varie en fonction des cépages

Cela varie selon les années, mais aussi selon les cépages. Les variétés tardives débourrent beaucoup plus tard que les précoces : ainsi, à Bordeaux, le Merlot a souvent quinze jours d’avance sur le Cabernet Sauvignon.

Quels sont les risques associés au débourrement ?

Le risque majeur est incontestablement la gelée, celle qui fait trembler les vigneronnes et vignerons à l’annonce de températures nocturnes négatives qui entraîneront la mort des jeunes bourgeons et, par conséquent, l’absence de grappe.

Il est donc très important d’adapter, dès la plantation de la vigne, un cépage à son terroir. Une variété à débourrement tardif doit être privilégiée sur une vigne sensible aux gelées, située en fond de vallée ou entourée de haie, parce que favorable à la stagnation de l’air froid et donc au gel. Ces jolis bourgeons, tendres à souhait, peuvent aussi faire le quatre-heures de certains ravageurs, comme les escargots ou les lapins (dans les jeunes vignes).

Le débourrement lance aussi le début de la sensibilité à certaines maladies de la vigne comme le mildiou.

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Des solutions pour protéger la vigne des températures basses

Alors que la vigne supporte des températures extrêmes en hiver, puisque les bourgeons sont bien à l’abri dans leurs écailles et dans leur “bourre”, les nouvelles pousses qui se développent sont extrêmement fragiles. Il suffit d’une température inférieure à 0 °C durant quelques heures pour détruire ces jeunes rameaux, provoquant des pertes de récolte non-négligeables. Le gel peut entraîner une future récolte désastreuse laissant alors peu de solutions aux viticulteurs. Aujourd’hui, nombreuses sont les solutions qui permettent de limiter le nombre de pertes.

Il existe alors une multitude de méthodes de lutte contre celles-ci dans les vignes… Et le moins que l’on puisse dire c’est que les vignerons ne lésinent pas sur les efforts pour leur vignoble !

Les bougies

Les bougies, aussi appelées chaufferettes sont des blocs de paraffine dans des boîtes métalliques disposés tous les 10 mètres pour réchauffer l’air près du sol autour des vignes.

Les bougies sont plutôt adaptées aux petites parcelles, elles ne représentent pas un investissement fixe, mais elles représentent tout de même un coût assez élevé qui semble cependant nécessaire pour espérer ne pas perdre un nombre de grappes trop important. 

Leur approvisionnement est compliqué en cas de prévisions de gelées, beaucoup de vignerons achètent ces bougies et leur stock est très souvent limité.

L’aspersion

De l’eau est pompée et aspergée sur les vignes pour former un cocon de glace autour du bourgeon. Le bourgeon est protégé grâce à un type d’igloo. 

La transformation de l’eau en glace produit de l’énergie et donc de la chaleur ce qui aide à maintenir la température du bourgeon à 0 °C alors que la température extérieure continue à descendre. 

L’aspersion nécessite très peu de main d’œuvre et est efficace jusqu’à -9 °C. C’est la technique la plus efficace et la plus respectueuse de l’environnement, car elle ne pollue pas. 

Néanmoins, l’installation est très onéreuse et requiert la présence d’une rivière ou d’un réservoir d’eau à proximité.

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Les câbles électriques chauffants

Les câbles chauffants sont fixés le long du fil de palissage et sont reliés à une armoire de régulation qui réchauffe directement les parties sensibles. 

L’investissement lié à l’implantation de ces câbles dans la vigne est non négligeable. L’installation se limite généralement aux petites parcelles, à proximité des villages, car l’accès à l’électricité est indispensable. 

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