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engrais cupriques

© sud-et-bio.com

Depuis plus d’un siècle, le cuivre est connu pour son rôle de protection naturelle des végétaux contre des bactéries et des champignons néfastes (notamment le terrible mildiou, hantise des vignerons !). 

En agriculture biologique, le cuivre est le seul traitement autorisé, qui plus est naturel, contre les maladies. Sa formule la plus célèbre, inventée au 19e siècle, est celle de la « bouillie bordelaise », un mélange de sulfate de cuivre et de chaux. Il est radical contre le mildiou.

Antibactérien puissant, le cuivre est donc utilisé comme traitement préventif sur les vignes. Le moment le plus performant est en automne : un premier traitement effectué à la chute des feuilles pour protéger les plaies tandis que les autres se feront en hiver.

Pour les vignes qui seraient détectées à risques, le traitement se fait même en pleine période de végétation : une fois par mois voire plus si de violents orages provoquent des blessures aux ceps.

Mais il existe un gros problème avec le cuivre : il est toxique pour l’environnement.

Le cuivre protège la vigne mais pollue l’environnement 

Le cuivre ne se dégrade pas du tout. Depuis des décennies qu’il est utilisé en agriculture et notamment en viticulture, il a pollué les sols : une teneur en cuivre naturelle est de 3 à 100 mg de cuivre par kilo. Or, les sols viticoles ont des teneurs allant jusqu’à 500 mg/kg ! Cela impacte la microfaune des sols.

Les normes biologiques ne tolèrent pas de tels taux, d’autant plus qu’il est prévu d’atteindre 20 % de la surface agricole utile en bio à partir de 2020.

Quelle solution pour protéger la vigne ?  

Des milliers de scientifiques œuvrent depuis presque 20 ans pour créer des solutions réduisant les usages du cuivre :

  • Le biocontrôle : l’introduction de micro-organismes qui vont se nourrir des pathogènes ou prendre leur place dans l’écosystème. Ces produits naturels peuvent aussi stimuler les défenses naturelles des plantes.
  • L’action directe sur les pathogènes : elle est rendue possible grâce à des extraits de plantes à l’efficacité reconnue comme des décoctions d’orties, huiles essentielles d’ail ou de clous de girofle, essence de prêle.
  • La prophylaxie, qui est la réunion de toutes les méthodes permettant de détruire les pathogènes durant l’hiver. Par exemple, il faut détruire les feuilles mortes où les champignons ont déposé leurs spores. Cependant, cette méthode reste marginale en viticulture.
  • La taille consiste à aérer les végétaux pour que les fruits soient toujours aérés et non soumis à l’humidité, favorable au développement des champignons microscopiques.
  • La résistance variétale : il s’agit de génétique. On insère des gènes de résistance aux maladies présents dans des variétés anciennes. Si cela est déjà utilisé pour la culture de la pomme de terre, la technique est en test en ce qui concerne les vignes.

Cependant, toutes ces techniques, utilisées séparément, ne suffisent pas à produire le même effet que le cuivre. De plus, leurs effets sont aléatoires selon la météo et les conditions d’épandage. Peut-être faudrait-il utiliser toutes ces techniques en même temps ?

En attendant, des fabricants se sont penchés sur le problème et semblent avoir trouvé la solution : des engrais contenant du cuivre, autrement dit engrais cupriques.

Les engrais cupriques, quels enjeux ?  

Plusieurs marques se partagent ce marché juteux : Silicuivre, Sticurol, Cuivrol… Tous sont des engrais contenant du cuivre, participant ainsi à la protection des vignes, alors qu’ils sont homologués en tant qu’engrais.

Certains distributeurs dénoncent cet état de fait comme une hypocrisie de la part des autorités : les vignes n’ont pas besoin d’engrais et le vendre avec un complément de cuivre n’est qu’un prétexte pour justifier l’action cuprique. L’engrais contient certes moins de substances pesticides pour passer les tests d’homologation mais il n’en contient pas moins du cuivre !

Ces distributeurs ne font, selon eux, que respecter la réglementation qui stipule qu’on ne peut utiliser un produit contre le mildiou que s’il a été homologué pour cet usage. Or, la quantité de cuivre apportée par ces engrais ne serait pas prise en compte dans les calculs des quantités totales. Un bon moyen de contourner la réglementation.

Une défaillance lors des mélanges

Si les produits se mélangent et ne sont pas compatibles, provoquant des défaillances, aucun recours n’est possible avec l’engrais cuprique puisqu’il a été homologué et mis sur le marché. De plus, il n’y a pas de tests d’efficacité pour les engrais, ni de ZNT, ni même de délais avant la récolte.

Le Silicuivre est pourtant un produit très apprécié des vignerons qui l’utilisent. Beaucoup justifient son emploi pour son effet complémentaire au traitement au cuivre, afin d’augmenter son efficacité. Le fondateur de la société éponyme considère qu’il faut inclure la quantité de cuivre de son engrais dans les calculs de l’apport total, ce que font déjà plusieurs organismes de contrôle.

Silicuivre un engrais et un biostimulant non reconnu en France 

Silicuivre active aussi le métabolisme de la plante, permettant la pénétration du cuivre et donc une meilleure résistance de la vigne au lessivage. Cet engrais est liquide, composé de cuivre sous forme de sulfate associé à des extraits végétaux, facilitant son assimilation. Il s’emploie sur entre 1 et 21 ha.

Mais son effet biostimulant n’est pas reconnu en France. L’homologuer en tant qu’activité contre le mildiou reviendrait trop cher.

Les vignerons reconnaissent pourtant qu’ils utilisent moins de cuivre grâce à Silicuivre : au lieu de 6 kg de cuivre par hectare et par année, il y a dix ans, la consommation est descendue à moins de 4 kg, en comptant Silicuivre. Pour une protection aussi efficace.

Alors pourquoi se priver d’un engrais cuprique qui contient aussi d’autres propriétés que le cuivre ?

En Suisse, le choix des engrais foliaires

La société suisse Vitistim a développé des engrais foliaires contenant du cuivre sous forme de gluconate ainsi qu’un activateur de défenses. Sans produit phytosanitaire. Le résultat est très prometteur car ses produits sont très efficaces contre le mildiou tout en étant moins toxiques que les pesticides. Ils permettent des passages moins nombreux et une quantité moindre de cuivre à l’hectare.

Cependant, la réglementation ne l’autorise pas à utiliser son engrais pour autre chose que la fertilisation.

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